L'arabisation et l'islamisation de l'école mises à nue par un groupe d'intellectuels
L'arabisation et l'islamisation de l'école mises à nue par un groupe d'intellectuels

Un groupe d’intellectuels algériens vient de publier une tribune dans le quotidien français  » Le Monde  » , dans laquelle ils dénoncent la politique d’arabisation et  » la salafisation  » de l’école algérienne.

Le document, signé par des intellectuels dont le mathématicien et ancien ministre de l’éducation Ahmed Djebbar, le linguiste Abderrezak Dourari et l’écrivain Wassiny Laredj s’emploie à démanteler l’argumentaire classique des adeptes de l’arabisation et de l’islamisation de l’école. Ainsi, les signataires de cette tribune estiment que la langue arabe en Algérie  » est mal parlée, mal apprise, parce qu’elle est sans contenu, aussi pauvre et sèche qu’un filet d’oued saharien  » et accusent  » ceux qui s’imaginent que la langue arabe est une langue sacrée, voire la langue sacrée par excellence  » d’être  » des adeptes de la sottise  » .

 » Tous les systèmes d’enseignement dignes de ce nom, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui, reposent sur la connaissance et l’apprentissage des classiques, sans quoi il n’y a pas de modernité littéraire  » déclarent également les signataires de cette tribune qui s’attaquent au raisonnement classique des adeptes de l’islamisation du système éducatif algérien qu’ils estiment être « abrutissant ».  » Outre son caractère abrutissant, cette rhétorique de la défense de l’école au nom de la religion tend à faire de celle-ci une mécanique tranchante : d’un côté le halal (« autorisé par la religion »), de l’autre le haram (« interdit par la religion »)  » lit-on aussi dans le document.

Aussi, pour défendre l’école algérienne contre les adeptes de l’idéologie obscurantiste, les signataires de cette tribune opposent « le libre arbitre » .  » Le Libre arbitre est le seul credo philosophique qui convienne au monde complexe dans lequel nous vivons. Il faut que l’école puisse donner aux enfants qui lui sont confiés par millions les clés de leur «être-au-monde», afin que notre Algérie soit digne de son rang dans le concert des nations et qu’elle œuvre au bonheur et à la prospérité de tous comme une part de son humanité  » concluent les auteurs de ce document.

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