Béjaïa
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Un collectif de jeunes étudiants de la wilaya de Béjaïa, a entrepris depuis le mois d’août dernier de reconstruire les anciennes maisons traditionnelles du village d’Ibakouren dans cette même wilaya.

Le collectif « Tamazgha Builders », composé de jeunes étudiants en architecture et en tourisme, s’est donné pour mission de faire revivre le patrimoine architectural ancestral de Kabylie. « Avec mon binôme nous avons remarqué que durant nos 5 ans d’études nous n’avons pas eu un seul module sur le patrimoine architectural local. Pourtant nous disposons d’un riche héritage bâti. C’est ainsi que nous avons décidé avec des amis de créer ce collectif et par son biais lancer des chantiers d’architecture pour la protection du patrimoine architectural dans la mesure de nos moyens », a indiqué Zaidi Daouia, étudiante en architecture en fin de cycle à l’université de Béjaïa et co-fondatrice de ce collectif.

Les jeunes de « Tamazgha Builders » ont lancé leur premier chantier d’architecture vernaculaire du 20 août au 30 septembre 2016 au village d’Ibakouren dans la wilaya de Béjaïa avec la participation de 35 jeunes étudiants venus des différentes wilayas du pays et même d’autres pays comme la France et la Tunisie. « Nous avons passé un appel à participation sur Google. Ceux qui veulent y prendre part devaient répondre à un questionnaire, c’était pour nous une manière d’évaluer la volonté de chacun à se joindre à l’initiative, et à notre grande surprise plus de 200 personnes ont répondu à l’appel et 35 ont été sélectionné » a ajouté la co-fondatrice du collectif, qui précise que les habitants du village d’Ibakouren ont accueilli cette initiative avec beaucoup d’enthousiasme.

Les membres du collectif ont entrepris pour leur premier chantier la reconstruction d’une maison en ruines vieille de 200 ans , la jeune Zaïdi Daouia explique que la tâche n’a pas été des plus faciles en raison du savoir particulier que requiert la construction des maisons traditionnelles kabyles. Mais les jeunes du collectif « Tamazgha Builders » ont pu réussir leur pari grâce à l’aide apportée par les habitants du village d’Ibakouren et des ateliers animés afin d’expliquer aux participants l’architecture complexe de ces constructions. « Mon père biologiste et son frère chef de chantier à Djanet, sont les fils d’un maçon. De leur père, ils tiennent ce savoir précieux sur le fonctionnement et les composants de la maison traditionnelle. Grâce à ces ateliers nous avons acquis des connaissances qui nous ont permis tout au long du chantier de rester fidèles aux modèles initiaux. Reproduire ce que faisaient nos aïeux » déclare la jeune Daouia qui ajoute qu’au bout de 10 jours, la maison a commencé à retrouver son aspect d’antan.

La jeune Daouia explique enfin que les jeunes de « Tamazgha Builders » ne comptent pas s’arrêter là et préparent déjà un deuxième chantier d’architecture vernaculaire, ce dernier est prévu pour accueillir plus de participants et toucher plusieurs maisons à la fois. « Nous essayons de trouver un sponsor afin de nous financer car la première édition a été financé par les participants eux-mêmes, et le budget collecté a servi à l’achat du matériel et autres. Avec une aide financière nous seront plus efficients » conclut la jeune étudiante.

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