Entretien. L'association Tudert au secours des malades cancéreux
Entretien. L'association Tudert au secours des malades cancéreux

Il n’y a certainement pas plus noble que de militer pour sauver des vies. L’indulgence de cette association de bienfaisance et aide pour les malades cancéreux, Tudert, a bien dépassé les slogans en réalisant plusieurs actions sur le terrain en faveur des personnes touchées par le cancer, la maladie du siècle. Le chargé de communication de ladite association, M. Azibi Mebrouk, a accepté de répondre à nos questions sur ce projet associatif et humanitaire.

Kabylie News : On vous félicite d’abord pour vos actions très humaines en faveur des malades cancéreux, pouvons-nous en savoir plus sur votre association?

Azibi Mebrouk : Notre association a été créée le 28 juin 2015 à Amizour (Bejaia), elle a pour objectif d’aider les malades cancéreux. Aujourd’hui, nous disposons de deux ambulances pour le transport de ces malades et à ce jour on compte des centaines de sorties de transport des patients dans tout le territoire de l’Algérie et même en Tunisie. Notre association prend en charge les besoins des cancéreux en matière de produits consommables et non consommables (les couches, les fauteuils roulants, les matelas anti-escarres) et d’autres produits. On a signé également des conventions avec des cliniques privées pour les examens médicaux comme les scanners, analyses médicales, échographies et autres pour faciliter l’accès aux sites de soins médicaux pour les malades.

Notre aide touche aussi le plan social par des enveloppes financières et des aides en produits alimentaires.

L’autre axe de notre intervention est aussi les soins à domicile et la prise en charge psychologique assurée par une équipe de l’association composée de médecins, infirmiers, aides-soignants et psychologues.

Kabylie News : Et comment l’idée  vous est-elle venue de fonder  une association pour aider les  malades cancéreux ?

Azibi Mebrouk :  L’EPH d’Amizour est le seul hôpital qui fait la chimiothérapie pour les cancéreux au niveau de la wilaya de Béjaia, la plupart des membres et fondateurs de l’association font partie du personnel médical et sont en relation directe avec les patients, l’idée est venue ainsi.

Kabylie News : On sait très bien qu’il faut vraiment  disposer de frais et de moyens importants pour concrétiser un tel projet de santé. Qui vous aide financièrement dans vos actions ?

Azibi Mebrouk : Les deux ambulances que nous avons achetées et les frais de la prise en charge depuis la création de notre association à ce jour fonctionnent uniquement avec l’aide des bienfaiteurs et aucune aide des institutions de l’État. Et quand je vous parle des bienfaiteurs, ce sont des petits commerçants.

Kabylie News : Quel problème entrave ces patients dans leur lutte contre le cancer ?

Azibi Mebrouk : Le problème aujourd’hui c’est l’accès aux examens médicaux car comme vous savez le diagnostic précoce et à temps est la seule solution pour combattre cette maladie. Malheureusement les frais sont très élevés et le secteur public n’arrive pas à satisfaire la demande des malades et nous par des conventions avec le secteur privé on essaye d’accélérer et d’accompagner le malade pour ses examens et ses diagnostics.

Kabylie News : On parle souvent de chiffres alarmants concernant le cancer. Quelle est l’ampleur des maladies cancéreuses dans la région de Béjaia ?

Azibi Mebrouk : On ne détient pas les statistiques exactes mais on parle de 818 nouveaux cas enregistrés en 2014 et 24 cas pour 10 000 habitants chez les femmes, le cancer du sein a battu tous les records.

Kabylie News : Une dernière question, quelles sont les esperances de l’association « Tudert », et ses projets dans l’avenir ?

Azibi Mebrouk : Nos espérances sont de développer des mécanismes de prise en charge de cette maladie et d’installer une équipe pluridisciplinaire d’accompagnement et de prise en charge à domicile mais aussi de réaliser le projet d’un centre anticancer qui est inscrit et prévu à être construit et réalisé à Amizour (Bejaia). Ce centre qui sera un grand atout pour les cancéreux devra leur faire éviter des déplacements à Setif, Blida ou Alger.

 

Entretien réalisé par Lounis Djell.

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