L'Etat «célèbre la colonisation Ottomane» à l'université de Béjaia : la toile s'enflamme !
L'Etat «célèbre la colonisation Ottomane» à l'université de Béjaia : la toile s'enflamme !

Habitué à des sorties médiatiques avec un langage peu diplomatique à l’encontre des responsables locaux de la wilaya de Bgayet, le wali de Béjaia fait parler de lui encore sur la toile.

En effet, un colloque scientifique international sur la présence ottomane en Algérie, à l’occasion du 500e anniversaire du débarquement, en 1516, sur les côtes bédjaouies des frères Arroudj et Khair-Eddine Barberousse, est organisé à l’université de Abderrahmane Mira, avec le patrônage du Wali de Bgayet et la présence d’un représentant du ministère de l’Intérieur, de l’ambassadeur de la Turquie à Alger et d’un conseiller du président turc Erdogan.

Les réseaux sociaux s’enflamment et les internautes reprochent aux organisateurs de ce colloque scientifique, la célébration d’un débarquement étranger sur les côtes algériennes et plus précisément sur les côtes Béjaoui.

Dans ce même colloque, la première conférence se portait sur cette question sensible de «la souveraineté algérienne à l’époque ottomane» animée par le professeur de l’université d’Alger Saidouni Nacer Eddine, où il a tenté de réfuter la thèse d’une colonisation de Béjaia par les turcs, soutenue par l’écrivain Kabyle Mouloud Gaid (Originaire de Guenzet), dans son livre «Histoire de Bejaia et de sa région».

Rappel historique

Suite à la prise de Béjaïa par les espagnols vers 1510 et la chute du royaume des Hafsides, Ahmed Ouelkadi, qui était alors fonctionnaire au service des Hafsides, se réfugie au coeur de la Kabylie et parvient a réunir autour de lui une confédération de puissantes tribus kabyles et à fonder le royaume de Koukou, qui régnera pendant près de deux siècles sur toute la grande Kabylie.

En 1514, Ahmed Ouelkadi, qui avait établi le centre de son pouvoir dans l’actuel village de Koukou, sur les hauteurs du Djurdjura, s’allie avec le célèbre corsaire ottoman Oruç Barberousse (également appelé « Arudj Barbaros », « Baba-Arudj », « Arudj Raïs » ou encore « Oruç-Raïs) afin de reprendre la ville de Bougie aux espagnols. L’expédition réussit dans un premier temps, avant que les espagnols ne reprennent la ville, qu’ils ne perdent à nouveau qu’en 1555.

À la mort d’Oruç Barberousse en 1518, Ahmed Ouelkadi est accusé de trahison par Khayr Ad-din Barberouuse, frère et remplaçant d’Oruç, et doit partir se réfugier dans sa forteresse de Koukou. En 1520, Khayr Ad-din décide de lancer une expédition contre le Royaume de Koukou, les armées ottomanes sont écrasées par les tribus kabyles menées par Ahmed Ouelkadi qui continue sa marche et prends la ville d’Alger, sur laquelle il régnera en maître absolu entre 1520 et 1527, année de son assassinat.

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