Le Centre National Pédagogique et Linguistique pour l’Enseignement de Tamazight (CNPLET), créé en 2003 et destiné à promouvoir la langue amazighe, a organisé une rencontre avec les enseignants de Tamazight dans le but de discuter sur les caractères de sa transcription.

Le caractère de transcription de tamazight reste toujours l’objet de discordes entre plusieurs courants idéologiques qui en font le terrain principal de leurs luttes politiques, selon le constat des participants à ladite rencontre.

Ainsi, l’enseignante en Tamazight Malika Sabri a considéré que le problème de transcription de cette langue millénaire est de nature idéologique, tout en affirmant sa transcription en trois caractère effectifs, à travers des livres, a été réalisée depuis la « constitutionalisation » de la langue Tamazight en Algérie, ; à savoir le Tifinagh (caractère purement berbère), latin et arabe. La même enseignante estime que l’issue à ce problème auquel fait face Tamazight réside dans le fait que « son enseignement et sa transcription se réalise selon les critères (socio-linguistiques) de chaque région« .

En outre, le courant berbériste issu des milieux modernistes, et qui a été pendant plusieurs décennies cible d’une négation socio-culturelle, a été à l’origine de la revendication exigeant la reconnaissance de cette langue et a, somme toute, étalé plusieurs fois le fil conducteur le plus approximatif qui pourra mener Tamazight à émerger, en proposant sa transcription en caractère latin et en Tifinagh, dans le but de « rattraper un retard causé par sa négation » et de la faire adapter aux enjeux universels.

Par ricochet, un autre courant issu des milieux conservateurs et islamistes, est composé d’une aile radicale qui s’est montrée hostile à l’officialisation de tamazight et sa reconnaissance, ainsi que d’une aile « plus ou moins modérée » qui consent sa reconnaissance mais, majoritaire qu’elle est, veut imposer la transcription de cette langue en caractère arabes. Car Tamazight est selon eux une branche de cette langue orientale, et qu’elle servira, considèrent-ils, à « conforter » la langue arabe, considérée comme langue maternelle par les adeptes de l’identité d’une Afrique du Nord arabe et musulmane.

Il faudra noter que les aboutissants de cette lutte sur fond politique, donnant l’impression d’annoncer un échec recommencé, mènent cette langue millénaire vers une cercle vicieux encore plus fermé qu’il ne l’était à l’époque de la clandestinité des années 70-80. Les études menées par plusieurs linguistes qui se sont penchés sur la question amazighe indiquent la nécessité de sa transcription latine pour assurer une accessibilité étendue à un public plus large.

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