«L’Envers du ciel bleu», Un beau récit de transmission, qui explore un « ciel » souvent orageux tout en renouvelant, avec ferveur, le message de fraternité entre les peuples – les cultures – les religions, de Gaston Ghrenassia alias Enrico Macias.

«Je suis né dans un pays qui n’existe plus. Une terre et une atmosphère qui font pourtant toujours battre la mémoire et le cœur de millions de gens, à travers les chansons d’Enrico notamment.»

Parcourant sa vie à rebours, l’artiste nous invite auprès de ses grands-parents Ghrenassia-Chemla, de son père Sylvain, devenu violoniste, et de sa mère Suzon (Zaouch), dont les cheveux blanchissent prématurément quand elle découvre, le 5 août 1934, sa sœur massacrée au couteau avec deux de ses enfants, lors du premier pogrom en terre algérienne.

La passion de Gaston pour la musique « juive-arabo-andalouse » ; son admiration pour Cheikh Raymond, devenu cheikh bien qu’il soit juif (…) et juif bien qu’il soit chrétien – et le terrible assassinat de ce dernier ; ses débuts sur la scène de l’Olympia ; la disparition tragique de son frère Jean-Claude, dans un accident de voiture; l’enchaînement des « télévisions »… sont autant d’épisodes qu’il partage intimement.

Hymne à l’Algérie de sa mémoire, témoignage de reconnaissance à la France, L’Envers du ciel bleu est aussi un message d’affection et de respect adressé à tous ceux qu’il a aimés, de sa famille à Tonton Raymond, de son épouse Suzy (fille de l’exceptionnel musicien) à d’autres compagnons – anonymes, comme Clemendo Clément Taïeb (qui l’a accompagné sur scène) ou célèbres, comme Jacques Martin…

Entres autres, Enrico Macias raconte sa «malheureuse expérience» avec un ministre algérien sur les colonnes de Le Figaro

« On ne sait jamais ce que le destin nous réserve. Mais cela m’a l’air, hélas, mal parti. Un jour, j’ai rencontré un ministre algérien qui m’a dit : « On vous aime en Algérie. Demandez un visa et venez nous voir ».

Je lui ai répondu : « Un visa pour me rendre sur ma terre natale ? Ce n’est pas normal ! ». Alors il m’a dit : « Chez nous, il n’y a que les terroristes qui entrent sans visa ».

Je n’ai pas du tout apprécié. J’ai vu l’année dernière que Roger Hanin s’était fait enterrer en Algérie. Cela ne risque pas de m’arriver ».

1 COMMENTAIRE

  1. Enrico aime l’Algérie, c’est certain. Mais son Algérie, pas la nôtre. C’est un grand chanteur très apprécié dans son pays natal. j’ai écouté pas mal de ses interviews, il a toujours cité ses misères mais jamais celle du peuple algérien pendant la colonisation. Et pourtant, il peut témoigner de la faim et des souffrances qu’a endurées le peuple. Mais là, s’il en parle, il se mettra à dos les pieds noirs dont il fait partie et qui lui ont acheté ses disques. Et il s’est tu.

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